Tout juste rentrés des vacances de Pâques, les élèves de première et terminale s’apprêtent à entamer le sprint final vers les épreuves du baccalauréat qui auront lieu du 16 au 20 juin prochain. Il est temps, pour ceux qui ne s’y sont pas encore collés, de commencer les révisions.
Il existe différentes façons de procéder, mais le B.A.BA de toutes bonnes révisions reste l’organisation du temps. Les plus studieux travaillent régulièrement depuis le début de l’année, ce qui leur assure une maîtrise parfaite de leur sujet. C’est le cas de Bénédicte, 17 ans, en 1ère STI : « je travaille les soirs et week end depuis le début de l’année et je ne compte pas m’acharner à deux semaines des examens ». A l’opposé, nombreux sont ceux qui ne travaillent que très peu dans le courant de l’année, mais qui mettent les bouchés doubles la semaine précédent les épreuves. D’autres, plus consciencieux, ont commencé les révisions pendant les vacances de Pâques, comme Gabriel, 18 ans, T. ES : « j’ai révisé tout le programme de la première partie de l’année durant les vacances de Pâques, normalement, je ne devrait pas avoir à revenir dessus » ou comme Gwenaëlle qui a fait un stage de révision avec Acadomia durant la deuxième semaine des vacances. Mais les plus sages sont indéniablement ceux qui travaillent tout au long de l’année, et qui achèveront avec un travail plus intensif en juin, à l’image de Pauline, 17 ans, en 1ère S, qui suit des cours de français depuis septembre, et qui compte accélérer le rythme jusqu’aux épreuves de français.
Travailler selon sa personnalité
Pour ce qui est des méthodes de révisions, il y a différentes façons de faire, certaines assez classiques, d’autres plus insolites, mais selon Sophie de Tarlé, rédactrice à L’Etudiant Magazine, « la manière de travailler dépend de la personnalité du futur bachelier ».
Parmi les incontournables, comptons en premier lieu les fameuses annales du bac, ainsi que les livres parascolaires, appelés mémentos. Ces derniers sont des livrets, regroupant les cours condensés de toutes les matières à passer. Cela va du cours de mathématiques, aux bases grammaticales d’anglais ou de latin, en passant par les grandes notions de philosophie. Rédigés par des enseignants, ils peuvent très bien remplacer un cours, ou alors compléter un cours incomplet. Pour approfondir, il y a les annales, regroupant les sujets du bac des années précédentes, ainsi que leurs corrigés, ce qui permet à l’élève de travailler en temps réel, et de s’entraîner à gérer son temps et son stress. Ces manuels coûtent environ 15 €. Mais travailler seul demande beaucoup d’autonomie, c’est pourquoi des organismes de cours à domicile proposent pendant les vacances ou à la veille des examens, des stages intensifs de travail en petits groupes (soit six à dix élèves). Ce sont des stages d’une semaine, à raison de deux à quatre heures par jour selon les organismes. Ils sont généralement organisés de façon à ce que tout soit mis du côté du stagiaire. Dans un premier temps, les élèves ont la possibilité de revoir les points non assimilés, et se concentrent sur la méthode de travail la plus adaptée à eux. Suivent les examens blancs, ce qui permet une avant-première à l’examen, enfin, la correction et l’analyse. Bien sûr, les résultats sont là, mais il faut souligner que ces stages ne sont pas accessibles à tout le monde en raison de leur coût (autour de 500 € la semaine)…
Silence, révisions
Il existe une formule un peu similaire aux stages en petits groupes, mais moins chère : la retraite en abbaye. Certaines abbayes aménagent des semaines spéciales pour accueillir des étudiants en vacances ou à la veille des périodes d’examens. D’après le Père Samuel, hôtelier de l’abbaye d’Ourscamp (Val d’Oise) « Les étudiants sont accueillis dans l’abbaye, mais ils doivent participer à la vie communautaire » : assister à deux offices par jour, participer aux travaux du quotidien, respecter les horaires de repas… Aussi, leur sont proposées des activités, des veillées, et, ils peuvent rencontrer des frères simplement pour parler. Selon Benoît, 25 ans, qui s’était retiré pour réviser son bac « cela permet de trouver un certain équilibre entre révisions, dépaysement et introspection, accédant à une réelle concentration ».
Enfin, il reste toujours des solutions un peu plus classiques : la tranquillité de la bibliothèque, le confort de sa chambre, l’herbe fraîche et le soleil des parcs et jardins, où encore un bon café…
Les alternatives pour associer mobilisation et révisions
« Mai 68…mai 2008, notre colère n’est pas réduite » pouvait-on lire mardi sur l’une des banderoles du mouvement lycéen. Mais, comme chacun sait, une chose peut en cacher une autre : sous les pavés, la plage ; et après mai, voilà le mois de juin, avec tout ce que cela implique, beau temps, batailles d’eau, mais aussi concours, examens ou baccalauréat… Comment ces jeunes, impliqués dans le la révolte estudiantine vont-ils concilier mouvement social et révisions ?
Contrairement à ce qu’annoncent les syndicats, ce n’est qu’une minorité de jeunes qui sont impliqués dans le mouvement. Les établissements sont bloqués, mais les manifestations ne rassemblent que très peu de lycéens. « Au lieu de bloquer et de manifester, les terminales rentrent chez eux pour travailler » me confirmera un surveillant du lycée Camille Sée à Paris. Mais la désertion des lycées depuis près d’un mois et demi entraîne un lourd retard sur les programmes. Les professeurs doivent, tant bien que mal, boucler l’année, c’est pourquoi les cours sont remplacés par des polycopiés.
En ce qui concerne les révisions, les étudiants mobilisés gardent la tête froide et s’organisent. Globalement, ils travaillent les soirs et week end, sacrifiant leurs soirées et sorties. Or, certains ont d’autres stratégies. Ainsi, Magda, 17 ans, en 1ère L manifeste uniquement les jours où elle n’a pas cours de littérature. Mathilde, elle, 18 ans, Terminale S vient tôt le matin : « j’aide à bloquer le lycée, et une fois qu’il est bien bloqué, je rentre travailler chez moi, puis je rejoins les manifs dans l’après midi… ». On verra que selon les appréciations de chacun, les priorités sont mitigées. Pour Eléonore, élève de terminale L., « il est bien plus important de manifester »
Mais ne soyons pas alarmistes, le bac 2008 sera probablement de même « qualité » que ceux des années précédentes. Peut-être, grâce à leurs engagements, les étudiants seront-ils plus aptes à réfléchir en matière de philosophie et d’économie…
Internet, admissible aux révisions du bac
Depuis quelques années, Internet fait partie des outils de travail préférés des étudiants. Or, peut-il remplacer les cours ou les livres ? Sophie de Tarlé, rédactrice à l’Etudiant Magazine juge qu’ « Il y a un réflexe à avoir avec Internet qui est de bien choisir ses sites. En ce qui concerne les révisions du bac, c’est la même chose. Par contre, contrairement aux livres parascolaires, les informations trouvées sur le web ne remplacent en rien les cours donnés par un professeur ».
Certes, il y a des adresses à éviter, comme le média citoyen Wikipédia, dont le contenu n’est pas toujours vérifié ni complet. Dans ces cas là, il est préférable de s’orienter sur des encyclopédies en lignes telles que www.universalis.fr ou MSN encarta, dont les articles sont rédigés par des professionnels.
Les sites les plus fiables restent néanmoins les blogs des professeurs sur lesquels se trouvent les cours, ainsi que des conseils pour réussir les épreuves. Tous ces cyberprofs sont répertoriés sur le www.lewebpedagogique.com. Aussi, sur www.france-examen.com, vous trouverez fiches de révision, annales, « les sujets probables » du bac 2008, ainsi que des blogs de professeurs, des forums d’entraide, tout ce qu’il faut pour réussir les épreuves. Pour les élèves de première, le site www.bacdefrancais.net met en ligne des œuvres littéraires susceptibles de tomber, accompagnées de commentaires et explications, ainsi que des biographies d’auteurs pour préparer au mieux l’oral de français. Alors à vos souris, et surtout, faites le bon choix
Par Anne-Sophie Ladonne
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