Raymond Aubrac, l’une des grandes figures de la Résistance, est mort lundi 10 avril à l’hôpital militaire du Val de Grâce. Il avait 97 ans.
Résistant de la première heure pendant le Seconde Guerre Mondiale, Raymond Aubrac était l’une des dernières personnalités à avoir connu Jean Moulin. Raymond Samuel de son vrai nom, est né le 31 juillet 1914, à Vesoul, en Haute-Saône, dans une famille de commerçants juifs. Diplômé de l’université d’Harvard, il devient ingénieur des Ponts et Chaussées. C’est aux Etats-Unis qu’il rencontre sa femme, Lucie Bernard, qui avait obtenu une bourse d’étude en Amérique. Il l’épousera le 14 décembre 1939.
Raymond Aubrac fait son service militaire sur la ligne Maginot lorsque la Seconde Guerre Mondiale éclate. Rapidement, il se lance dans la lutte contre les lois anti-juives mises en place par le régime de Vichy. Il s’engage dans la Résistance en 1940 avec sa femme. Aubrac devient leur pseudonyme. Raymond Aubrac devient co-fondateur du mouvement « Libération Sud » qui constituait le Conseil National de la Résistance. L’organisation diffusait un journal Clandestin « Libération ». Arrêté en 1943 avec Jean Moulin à Caluire (Rhône), il est interrogé et torturé par Klaus Barbie. Emprisonné à Montluc, il s’évade grâce à la complicité de sa femme Lucie Aubrac, quatre mois plus tard. Grâce à cette libération le couple entre dans la légende de la Résistance. Recherché par la Gestapo, les deux protagonistes décident de fuir vers Londres en 1944.
Entre 1947 et 1950, Raymond Aubrac est témoin à charge dans le procès de René Hardy, accusé d’avoir livré Jean Moulin à la Gestapo. Raymond Aubrac consacre le reste de sa vie à son engagement politique. En 2008, il est ovationné lors d’un discours défendant la laïcité au meeting de Bertrand Delanoë pour l’élection municipale de Paris. Raymond Aubrac faisait partie des compagnons de la Libération. A la mort de sa femme, il décide de continuer son devoir de mémoire. Très actif, il parcourait les collèges et lycées pour raconter son combat afin que les jeunes d’aujourd’hui n’oublient pas que des hommes se sont défendus pour la liberté de leur pays.
Anne-Claire Gourin, IEJ 3E
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